Happy Madeleine

Le Bien vieillir en France ou à l’étranger ?

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Est-il possible de parler de bien vieillir dans un pays comme la France ?

Selon l’ONU, la France est classée seulement 18e des pays où il fait bon vieillir.

La France affiche un mauvais score en terme d’emploi et d’éducation de ses Seniors. Seuls 33% des seniors (55–64 ans) possèdent un travail, ce qui trahit leur difficulté à accéder à l’emploi.

Une lacune compensée par le point fort du système français : la sécurité des revenus. 100% des plus de 65 ans sont assurés de recevoir une pension et même avant 65 ans.

Concernant l’état de santé, les Français peuvent espérer vivre jusqu’à 85 ans, et ils peuvent compter vivre jusqu’à 78,8 ans en bonne santé. 

Enfin le sentiment de sécurité des personnes âgées est un point faible. 61% des plus de 50 ans estiment ne pas se sentir en sécurité en marchant seul la nuit en France. 

L’âgisme français

En France, le grand âge est par ailleurs souvent stigmatisé. Mal connue et sous-estimée, la discrimination liée à l’âge est pourtant bien réelle. L’âgisme est une discrimination portée par des préjugés et des stéréotypes à propos des personnes âgées. Il s’agit par exemple d’interdire de louer une voiture ou de contracter un prêt bancaire après 70 ans, de refuser un emploi ou une formation à un senior sous prétexte de son âge, d’affirmer que les « vieux » coûtent trop cher à la société ou de présupposer qu’ils sont mauvais en informatique et réfractaires aux nouvelles technologies. Et on constate de l’âgisme dans toutes les couches de la société et dans tous les milieux. Il repose sur des préjugés et des stéréotypes qui sont véhiculés par les médias, les entreprises, la publicité, la sphère médicale, la mode… Notre société, pourtant vieillissante, est donc malheureusement loin d’être indulgente envers les aînés et cultive parfois même un certain mépris très injuste. 

Indiquer par exemple à une personne qu’elle ne fait pas son âge ou qu’elle n’a « pas pris une ride » dévalorise le fait même de vieillir. Au-delà des idées reçues sur les Seniors, c’est le regard sur le vieillissement qu’il faut changer dans notre société française. Car avancer en âge est partie intégrante de la vie. Et au même titre que l’exclusion, l’âgisme engendre des conséquences néfastes sur la santé et l’espérance de vie de ses victimes. Et la vieillesse, quand on l’atteint, révèle bien des richesses.

Déjà, en France, le terme « Senior » est tout relatif. N’est-on pas « Senior » très jeune dans certains sports ? Dans le cyclisme, par exemple, on est automatiquement classé dans la catégorie des « seniors » à partir de 23 ans !

Mais si notre pays ne valorise pas assez ses Seniors, ce n’est pas le cas dans tous les pays du monde.

Dans les autres pays 

La Suède est le pays où le vieillissement est le mieux géré, suivie par la Norvège et l’Allemagne, selon un nouvel indice créé pour une étude des Nations unies. Viennent ensuite les Pays-Bas, le Canada, la Suisse, la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis, l’Islande et le Japon.

En Suède, le coût de la dépendance est beaucoup moins élevé. L’une des recettes de la Suède est d’investir près de deux fois plus de moyens qu’en France et de subventionner le maintien à domicile, moins coûteux. Faire de la prévention envers les personnes âgées pour réaliser des économies, c’est le choix politique de la Suède. 

L’Allemagne a de son côté développé le cohousing intergénérationnel. Il n’existe pas de modèle unique en Allemagne pour prendre en compte la dépendance en raison du fédéralisme, mais des formes alternatives se développent comme les colocations accompagnées et l’habitat participatif.

L’Islande, la Nouvelle-Zélande et Israël sont les pays de l’OCDE les plus performants sur l’emploi des Seniors. 

Pour gérer le défi démographique du vieillissement de sa population, le gouvernement japonais a quant à lui investi sur les nouvelles technologies, notamment la robotique et l’intelligence artificielle. De nombreuses startups japonaises innovent pour aider au quotidien les personnes âgées, à travers des fauteuils roulants plus maniables, des cyborgs contrôlables grâce à des capteurs, etc. À Tokyo, les personnes âgées ont même un quartier qui leur est dédié : Sugamo ! Tout y adapté pour que les seniors s’y sentent bien : des sièges pour s’asseoir dans les magasins, des loupes disponibles en caisse, etc. Enfin l’université de Kyoto est même devenue gratuite pour les centenaires ! 

Et les mots sont parfois révélateurs de l’état d’esprit d’une société : L’Espagne utilise par exemple le terme de « jubilación » pour désigner la retraite.

En conclusion

S’il y a de nombreuses façons de comprendre la vieillesse, mettons en évidence le rôle social et intergénérationnel très fort des personnes âgées, capital dans une société française en quête d’apaisement, d’ancrage et de réassurance.

Si vous souhaitez creuser le sujet du mieux vieillir, le livre « Oldyssey – Un tour du monde de la vieillesse », écrit par Julia Mourri et Clément Boxebeld, fait le tour des différentes actions mises en place aux quatre coins du globe pour valoriser les seniors au quotidien, en leur permettant de rester actifs et intégrés.

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